Politique
Signal politique fort et votations déterminantes
Rejetée à une nette majorité en juin dernier, la votation populaire sur l’initiative pour un frein aux coûts du Centre fait partie des événements politiques marquants de l’année 2024. Le frein aux coûts aurait obligé le Conseil fédéral à instaurer des mesures visant à limiter les coûts de la santé dès que leur hausse aurait dépassé un certain seuil. La FMH s’est fermement opposée à cette réglementation dont la rigidité aurait compromis la prise en charge médicale des patientes et des patients. Une telle réglementation aurait indubitablement conduit à un rationnement des soins et à des délais d’attente – avec des conséquences particulièrement négatives pour les personnes atteintes de maladies chroniques et les personnes âgées.
La votation sur le financement uniforme a suivi en novembre avec l’objectif d’une réforme fondamentale des structures du financement de la santé. Les syndicats avaient lancé un référendum contre le projet de loi adopté au Parlement. Inversement, la FMH soutenait activement cette réforme qui établit une égalité de traitement (tant attendue) entre les prestations ambulatoires et hospitalières. Désormais, toutes les prestations – qu’elles soient dispensées par un établissement médico-social, un service d’aide et de soins à domicile, un cabinet médical ou un hôpital – seront toujours financées selon la même clé : 26,9 % au minimum à la charge des cantons et 73,1 % au maximum, à la charge des assureurs-maladie. Cela profitera aux payeurs de primes. Sans incitatifs négatifs pénalisant le transfert de l’hospitalier vers l’ambulatoire, non seulement les coûts diminueront mais les soins seront plus efficaces et adaptés aux souhaits des patientes et des patients. En acceptant cette réforme, le peuple montre qu’il est prêt à soutenir des changements pertinents pour le système de santé.
Le résultat de ces votations envoie un signal fort au monde politique : veiller à ce que les soins restent de haute qualité, accessibles à toutes et tous et les améliorer de manière ciblée. Si les deux campagnes de votation ont bénéficié du large soutien des acteurs de la santé, c’est aussi grâce au rôle prépondérant de la FMH, notamment pour la mobilisation du corps médical et l’engagement effectif des organisations affiliées qui ont largement contribué à ces succès.
Les acquis de 2024 et les défis de demain
Les jalons sont posés pour un système de santé tourné vers l’avenir, mais il reste de nombreux défis à relever. Un autre sujet dominant en 2024 a été la hausse des primes, une nouvelle fois supérieure à la moyenne. À l’instar des années précédentes, l’augmentation des coûts de la santé a suscité le débat, aussi bien au niveau politique que dans la société. La FMH a souligné que les mesures visant à freiner la hausse des coûts ne pouvaient pas être prises aveuglément, mais qu’elles exigeaient des réformes ciblées telles que le financement uniforme des prestations, le virage ambulatoire et un tarif adapté à la médecine d’aujourd’hui. Les nouvelles réglementations n’ont pas vocation à créer davantage de bureaucratie inutile ou à compromettre la qualité ou la garantie des soins.
Cette année a montré à quel point il est important de placer systématiquement le bénéfice médical au centre des débats en politique de la santé et de l’opposer à la pression des coûts. Il est également essentiel que le corps médical adopte une communication politique percutante mais harmonisée, dans le sens de « one message, many voices ». L’expérience acquise au travers de ces deux campagnes de votation doit désormais être mise au service d’une meilleure collaboration au sein des organisations mais aussi entre les acteurs de la santé ; que ce soit pour un développement numérique utile, la débureaucratisation ou encore des investissements ciblés en faveur de la formation et du personnel qualifié. Dans ce contexte, il s’agit de poursuivre sur cette lancée et de garantir durablement la qualité des soins par de nouveaux succès politiques. Une analyse approfondie des modifications de loi prévues et des « mesures visant à freiner la hausse des coûts » doit toujours précéder une prise de décision pour que celle-ci soit adéquate. Les nouvelles réglementations ne peuvent pas avoir plus longtemps vocation à créer davantage de bureaucratie inutile ou à péjorer la qualité des soins. C’est dans ce sens que la FMH s’engagera activement l’année prochaine.

